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| by Christine Urquhart, 17 ans, Malvern Collegiate, Ontario, |
Jul 12, 2004 |
(TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS)
Vous êtes devant le téléviseur. Vous voyez les terres sèches et arides de l’Afrique. Ravagées et assoiffées. Un enfant d’environ quatre ans, nu, attire votre regard. Ses yeux noirs vous implorent. Son corps squelettique, parodie d’un corps humain, remplit l’écran au plasma de 50 pouces de votre téléviseur. Une semi-célébrité vous dit que « pour 13 $ par mois seulement…». Vous détournez le regard. Vous changez de canal. Vous êtes mal à l’aise dans votre La-Z-Boy. Des gouttes de sueur commencent à perler à votre front. La culpabilité s’infiltre doucement et s’empare de votre poitrine. Un sentiment de honte vous envahit quelques secondes, puis disparaît lentement dès que l’annonce de la compagnie Gap vous ramène à la réalité. Notre réalité : pendant les vingt-cinq secondes qu’il a fallu pour nous informer de la nouvelle ligne de vêtements d’automne GAP, une autre personne en Afrique était infectée par le VIH/sida. Cette personne va souffrir et mourir parce qu’elle n’a ni accès aux médicaments ni les moyens de se les procurer. Voilà une réalité qui ne doit pas nous faire changer de canal.
Il semble que la question du sida soit devenue un tabou social. Les gens n’en parlent pas. S’ils en parlent, les autres font simplement semblant d’écouter. Les gens sont trop préoccupés par leur rendement, leur automobile, leur emploi et leur chèque de paie pour s’intéresser à autre chose. On croit que l’Afrique est une cause perdue, et cela nous déprime d’en parler : si nous ne pouvons obtenir une gratification immédiate, cela ne nous intéresse pas. À vrai dire, la plupart des Nord-Américains ne pensent pas qu’ils sont de la même espèce que les Africains parce que notre culture, notre société et notre mode de vie sont tellement différents. Cela ne veut pas dire que les Nord-Américains sont complètement égocentriques et sans aucune compassion. Notre société vit à un rythme trépidant où tout se déroule rapidement ― nous n’avons pas toujours le temps de penser aux gens qui se trouvent à des milliers de kilomètres. Toutefois, la réalité est que nous sommes inconscients de la situation en Afrique et que nous tournons le dos à nos sœurs et à nos frères africains. Nous sommes convaincus de notre impuissance à changer les choses.
Les données sur le sida sont ahurissantes et déconcertantes. En Afrique, le sida sévit à l’état pandémique; il touche les femmes, les hommes et les enfants. En fait, en 1999, le sida avait tué un nombre astronomique d’enfants, soit 12,5 millions . Pour que les Nord-Américains comprennent mieux, disons que le sida fait quotidiennement en Afrique le même nombre de victimes que deux écrasements d’avion majeurs par jour . L’horreur de cette vérité est indescriptible. Personne n’aime entendre que l’espérance de vie en Afrique du Sud a considérablement chuté : de 54 ans en 1990, elle est passée à un triste 33 ans en 2001. Cette baisse continue est certainement une conséquence directe du sida. Personne n’aime penser aux jeunes orphelins, aux gens malades et au décès de millions d’êtres humains innocents. Personne n’aime penser à la mort.
Ces statistiques soulèvent la colère et le désespoir chez le Nord-Américain moyen. Nous nous demandons : Quelle est la raison de tout cela ? Pourquoi le gouvernement ne peut-il pas s’attaquer à ces problèmes et aider les personnes malades ? Il y a une raison pour laquelle les gens meurent à un rythme alarmant : le manque d’argent. Les cliniques du sida et les centres de santé sont non seulement peu nombreux en Afrique mais aussi mal équipés. Ils n’ont que très peu d’eau potable, de fournitures médicales et même pas assez de chaises pour les patients. En l’absence de médicaments pour lutter contre la maladie et d’initiatives de sensibilisation, l’Afrique ne fera que sombrer davantage dans le cycle de la mort et de la souffrance inexorable. Les systèmes de soins de santé en Afrique sont déjà inadéquats en raison d’une économie faible et éprouvée, et le nombre ahurissant de cas de sida a épuisé un système déjà fragile. Un sondage mené en Zambie a révélé que 66 % de la population n’a jamais entendu parler des médicaments antirétroviraux, et n’y a encore moins eu accès. Médicaments et argent manquent pour lutter un tant soit peu contre cette maladie dévastatrice. Le sida fait aussi des victimes chez les enseignants, les travailleurs qualifiés et les professionnels de la santé, ce qui contribue au déclin de la société africaine. Sans financement, l’Afrique mourra lentement mais inévitablement. Toutefois, il y a de l’espoir.
Les nations commencent à prendre la pandémie de sida plus au sérieux et deviennent davantage proactives. Des organisations comme l’ONUSIDA (une organisation internationale de lutte contre le VIH/sida) contribuent grandement à combattre la maladie. Dernièrement, ils ont lancé une campagne de 7 milliards de dollars afin de fournir à 3 millions de Kényans infectés par le VIH les plus récents médicaments disponibles sur le marché. De plus, le budget de 2003 de la Zambie affectait les fonds les plus élevés jusqu’à ce jour pour lutter contre le sida. Un changement s’opère. Même des idoles de la musique pop ont commencé à prendre la parole publiquement, à recueillir des fonds et à sensibiliser le public dans le cadre de la campagne sur le sida. L’artiste le plus en vue est Bono, du groupe U2. Ses actions honorables ont permis de porter à l’avant-scène la lutte contre le sida. Même si toute cette aide est appréciable et considérable, elle ne suffit tout simplement pas. L’action doit être menée au niveau des collectivités.
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