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| by Christine Urquhart, 17 ans, Malvern Collegiate, Ontario, |
Jul 12, 2004 |
Dans notre société, on enseigne aux gens que seule la gratification immédiate constitue une récompense. Toutefois, je crois que si les gens se retrouvent dans un environnement positif où ils peuvent être témoins de résultats, ils peuvent alors changer les choses. Cette révélation m’a durement frappée. En rédigeant ce texte, j’ai réalisé que si je parlais de mesures concrètes à prendre, je devais moi-même prendre l’initiative et déclencher le changement. Je devais agir ! J’ai donc conçu, planifié et organisé un projet intitulé « March for AIDS », qui a eu lieu le dimanche 21 mars 2004. J’avais deux objectifs en tête : recueillir des fonds pour la lutte contre le sida en Afrique et sensibiliser les gens de ma collectivité à ce problème. Je me suis rendue chez des commerçants de mon quartier et je leur ai demandé de faire don de marchandises qui seraient distribuées pendant un tirage. En réponse à mes lettres, j’ai reçu des dons généreux, qu’il s’agisse de chandails en coton, de sacs de sport ou de pièces de céramique sud-africaines fabriquées à la main. En disposant d’une diversité de prix (d’influence africaine et d’influence nord-américaine), je crois que j’ai pu établir des liens entre les deux cultures et sensibiliser les participants. Je pouvais leur faire voir de magnifiques pièces d’artisanat africain ainsi que des produits nord-américains typiques. Il m’a semblé que les gens ont ainsi réalisé qu’ils n’étaient pas aussi indifférents qu’ils le pensaient. Pour ce qui est de l’activité comme telle, j’ai installé, sur une rue passante, un stand qui présentait les prix ainsi que de l’information sur la pandémie de sida en Afrique. Je pense que mon projet a été un succès, car les gens ont pu participer à un événement positif et réussi tout en se renseignant sur la situation désespérée de l’Afrique.
Je crois que mon projet a vraiment rejoint les jeunes. Dans notre monde de consommation, les médicaments et les marchandises sont jugés « essentiels », mais davantage d’un point de vue esthétique. Le baume pour les lèvres, les produits de maquillage et les vêtements de marque : voilà les articles « essentiels » que nous allons nous acheter tous les jours dans les pharmacies et les centres d’achat. À l’autre bout du monde, les adolescents africains ont peine à trouver de l’eau potable, encore moins dix-huit variétés d’ombres à paupières et de gel pour les cheveux. Ce sont nos différences culturelles qui nous divisent. En réalité, elles devraient nous unir. Je suis certaine que les adolescents en Afrique aimeraient bien avoir le dernier parfum de JLO ou la dernière tablette de chocolat mise sur le marché. Mais avant tout, ils veulent de l’eau potable et des médicaments antirétroviraux. Voilà pourquoi le projet « March for AIDS » a aussi bien réussi. En faisant tirer des produits que nous jugeons « essentiels » (les prix de mon tirage), nous fournissons de l’argent qui permettra à des adolescents africains et à leurs familles de se procurer les produits qu’ils estiment « essentiels » (antirétroviraux et financement). En offrant ces prix, j’espérais éduquer les participants au sujet de l’insignifiance de notre société de consommation, tout en sensibilisant le public. En menant une action concrète dans ma collectivité, sur une petite échelle, j’amorce un changement à grande échelle.
Au milieu de tous ces chiffres, ces statistiques, ces lettres, et malgré cette vision d’un continent dévasté, je crois fermement qu’il y a de l’espoir. Je refuse d’abandonner. Nous ne sommes pas prêts d’éradiquer l’épidémie de sida en Afrique, mais un fait demeure : nous devons le faire. Les contraintes financières, la politique et l’apathie sont tous des facteurs qui nous empêchent d’agir. Cependant, nous pouvons observer des retombées directes au sein de nos propres collectivités. C’est en posant un petit geste que nous pouvons voir un résultat à notre action. Sans une attitude positive, nous n’arriverons à rien. Nous devons mettre de côté la complaisance et la paresse. Il nous faut recueillir de l’argent pour l’achat de médicaments afin d’appuyer et de soutenir l’économie africaine et d’empêcher la mort de millions de personnes. Comme le dit si bien Maya Angelou, poète réputée et défenseure des droits de la personne, « rien de fonctionnera si vous n’agissez pas ». Nous ne pouvons pas changer de canal, mais nous pouvons nous soucier du bien-être des autres. Nous devons faire notre part.
Bibliographie
L’ACDI et ses partenaires. VIH/sida, Papillon 208, 2003, 8 février 2004.
http://www.bp208.ca/contest_themes_hivaids-fr.php
CLARK, Bruce et WALLACE, John. Global Connections: Canadian and World Issues, Toronto, Prentice Hall, 2002.
GORDON, Mary. « Fighting AIDS in Zambia », Toronto Star, 18 janvier 2004, F2.
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