| by Benita Tupchong, 17 ans, Streetsville Secondary School, Ontario | |
| Published on: Jul 12, 2004 | |
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| Type: Opinions | |
| https://www.tigweb.org/express/panorama/article.html?ContentID=3954 | |
| (TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS) « Nous sommes des citoyens du monde, mais nous avons une mentalité tribale. » — Piet Hein Quand j’imagine ce que l’enfance devrait être, je pense à des enfants qui rient, apprennent et grandissent. Malheureusement, des millions d’enfants ont une enfance bien différente. Ils sont prisonniers d’un réseau complexe qui les force à travailler. La plupart des autorités sont d’accord pour dire que le travail des enfants désigne tout travail qui peut compromettre la santé, la sécurité ou l’équilibre moral de l’enfant. Il signifie aussi que l’enfant est privé de son développement normal sur les plans physique, intellectuel et social. Des enfants travaillent dans bien des contextes différents : agriculture, manufactures, travail communautaire, trafic, prostitution et autres activités, et ils peuvent être réduits à l’esclavage pour remboursement de dettes. Il existe peu de statistiques sur le travail des enfants, mais l’Organisation mondiale du Travail estime que, dans les seuls pays en développement, 250 millions d’enfants font partie de la population active . Ces enfants sont privés des possibilités sociales et éducatives qui leur permettraient d’améliorer leur qualité de vie. Il est donc probable qu’ils devront passer toute leur vie dans la pauvreté à travailler comme des forcenés. Nous, les jeunes, nous pouvons nous faire entendre par les décisions que nous prenons quotidiennement. Il y a une multitude de défis à relever si nous voulons que les enfants soient partout protégés mais nous devons absolument favoriser l’éducation et sensibiliser la société, si nous voulons faire diminuer le recours au travail des enfants. Le manque d’instruction — qui est étroitement lié aux disparités sociales et économiques — est de loin un des plus grands facteurs qui sont à l’origine du travail des enfants. Dans bien des familles pauvres, les enfants ne vont pas à l’école : c’est la décision que prennent leurs parents quand ils mettent en balance les coûts liés à l’école et le travail de leurs enfants. Lorsque les enfants ne s’instruisent pas, ils ne sont pas au courant de leurs droits de citoyens et ils risquent davantage d’être victimes de traitements qui nuisent à leur sécurité personnelle et à leur santé et d’être exploités comme main-d’œuvre à bon marché. L’ignorance engendre un cercle vicieux : les enfants passent leur vie comme travailleurs non qualifiés, ils sont mal payés, ils restent pauvres, et il est probable que leurs propres enfants continueront le même genre de vie. L’éducation des adultes est tout aussi importante. « Les adultes instruits ont moins d’enfants, mais leurs enfants sont plus instruits . » Le Kenya nous a donné un exemple de mesure gouvernementale constructive. En 2003, le gouvernement de ce pays a rendu gratuites et obligatoires l’éducation pour les écoliers du primaire ainsi que l’éducation de base des adultes. Grâce à cette mesure, on estime que 1,5 million d’enfants, qui ne fréquentaient pas l’école jusque-là se sont inscrits . On trouve un autre exemple au Kerala, en Inde. La promotion de la protection et de l’éducation des enfants et la valeur qu’on y attache au Kerala ont été un facteur important pour faire diminuer le travail des enfants qui se situe maintenant à moins de 3 % . La grande expansion récente des établissements d’enseignement publics et privés a fait augmenter le nombre d’enfants qui vont à l’école au lieu d’aller travailler . Ces deux exemples confirment que l’éducation permet de rompre le cycle de la pauvreté, la plus grande cause du travail des enfants. Par contre, le Pakistan, qui comptait près de 50 % des enfants de 5 à 14 ans parmi sa population active en 1996, ne consacre qu’environ 4 % du budget de l’État à l’éducation et à la santé réunies . Alors que les dépenses militaires accaparent de 38 à 40 % du budget, et que cet argent sert surtout à la défense des frontières . Que peuvent faire les jeunes pour combattre le travail des enfants ? L’influence du monde pèse lourd sur ce qui se passe dans le monde. Si nous ne pouvons pas nous attaquer au problème là où il se vit, nous pouvons apporter des changements chez nous. Nous devons examiner notre propre comportement et réévaluer notre façon de penser et d’agir. Cette transformation de notre intérieur entraînera des changements à l’extérieur, car nous sommes tous en relation et, comme John Donne l’a écrit : « Nul homme n’est une île complète en soi-même ». Le problème de notre société, c’est qu’elle ne s’intéresse pas beaucoup aux problèmes mondiaux. Nos jeunes ne savent donc pas ce qui se passe sur notre planète. Nous sommes des citoyens du monde, mais nous avons une mentalité tribale. Nous faisons partie de l’humanité, mais nous sommes centrés sur nos propres aspirations. Tous les jours, les informations nous montrent les horreurs de la violence et de l’oppression, mais nous restons indifférents aux vraies vies derrière ces images. Ainsi, nous ne voyons pas les effets de notre domination économique, technologique et culturelle sur les habitants du monde en développement. Nous devons avoir des horizons plus vastes dans notre apprentissage et, de notre propre initiative, utiliser les compétences que nous avons acquises pour nous informer et agir de façon plus responsable. Il nous faut non seulement promouvoir une éducation planétaire, mais aussi faire appel à la conscience sociale des consommateurs qui encouragent indirectement dans leur quotidien la pratique du travail des enfants. Dans une recherche constante pour étendre leur part de marché et s’en assurer la domination, les entreprises s’efforcent d’accroître leurs bénéfices en utilisant la main-d’œuvre bon marché des pays en développement. Comme on peut payer les enfants moins cher que les adultes et qu’il est plus facile de les maltraiter, les enfants sont plus recherchés pour le travail dans ces régions. Les consommateurs nord-américains doivent savoir quelles entreprises exploitent la main-d’œuvre bon marché. Nous pouvons boycotter les produits fabriqués dans les régions où il n’existe aucune loi contre le travail des enfants. Le but est de sensibiliser l’opinion à la relation qui existe entre nos actes et les lourdes conséquences qu’ils peuvent avoir ailleurs dans le monde : nos achats n’en seront que plus réfléchis. Comme consommateurs, nous pouvons aussi prendre note des biens de consommation qui portent une marque ou une étiquette particulière garantissant qu’ils ont été produits dans le respect de certaines mesures de protection. On a utilisé avec succès ces étiquettes dans l’industrie des tapis. En 2002, on estimait qu’en Europe et en Amérique du Nord le nombre de tapis vendus portant l’étiquette RUGMARK (créée en 1994) dépassait les trois millions. Grâce à cette étiquette, les consommateurs ont l’assurance qu’aucune main-d’œuvre enfantine illégale n’a été utilisée lors de la fabrication du tapis. Des pays producteurs de tapis comme l’Inde, le Népal et le Pakistan participent actuellement au programme RUGMARK . Si cette stratégie a été possible pour les tapis, pourquoi ne pourrait-elle pas s’étendre à un plus grand nombre de produits ? Une seule voix peut catalyser de nombreux changements. En militant, nous pouvons faire valoir notre point de vue sur des questions comme l’exploitation des enfants et amener d’autres personnes à suivre l’exemple de style de vie que nous donnons par nos paroles et nos décisions de tous les jours. Nous avons la responsabilité d’être des consommateurs conscients et d’éviter de créer une demande pour les produits fabriqués par des entreprises qui font travailler des enfants. Les jeunes peuvent aussi agir en demandant aux représentants gouvernementaux de faire pression sur les pays qui ne font rien pour protéger les droits de la personne. Jusqu’à aujourd’hui, 192 pays ont ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et on a publié plusieurs autres textes juridiques; ce qui fait défaut, c’est la volonté politique d’appliquer un grand nombre des mandats prévus dans ces textes . En expliquant que nous attachons de l’importance aux droits humains universels des enfants, nous pouvons secouer l’apathie et commencer à promouvoir la justice humaine. Pour surmonter le problème du travail des enfants, il faut que le monde en développement et le monde industrialisé unissent leurs efforts. Il n’existe de solution unique pour aucun problème mondial. Malgré tout, notre passion et notre volonté de changement peuvent faire progresser la lutte contre le travail des enfants. Il nous faut nous battre contre l’ignorance, l’apathie et un consumérisme matérialiste. Nous pouvons faire notre part en commençant à agir de façon responsable au lieu de continuer à tolérer les disparités dans le monde. La première étape est de s’informer soi-même, pour ensuite agir à la lumière de ce qu’on a appris. Nous devons ouvrir notre esprit et notre cœur à nos voisins des autres continents, aller au-delà des différences qui nous distinguent pour voir à quel point nous sommes semblables. Si nous pouvons simplement convaincre les autres de se préoccuper du bien-être des enfants qui vivent de l’autre côté du globe, nous pourrons déplacer des montagnes. La clé, c’est la conscience sociale sur toute la planète. Quand elle sera éveillée, nous aurons fait un pas de plus vers un monde meilleur. Références BELAMY, Carol. « Child Labour: Rights, risks, and realities », The Rotarian, septembre 1997, p. 26-29. CLARK, Bruce et WALLACE, John. Global Connections: Canadian World Issues, Toronto, Pearson Education Canada, 2002. Free The Children, consulté le 10 avril 2004. Sur Internet : KIELBURGER, Craig. Free The Children, Toronto, McClelland & Stewart Inc., 1998. SALMON, Katy. « Kenya’s Schools Try to Accommodate Free Education », International News Service News, consulté le 20 avril 2004. Sur Internet : « Summary results of Child Labour Survey in Pakistan (1996) », Organisation internationale du travail, consulté le 6 février 2001, les 10 et 20 avril 2004. Sur Internet : FONDATION RUGMARK, consulté les 1er avril et 15 avril 2004. Sur Internet : UNICEF, consulté le 15 avril 2004. Sur Internet : « return. |
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