by Oumar Athie
Published on: Jan 4, 2010
Topic:
Type: Opinions

Ces derniers mois sont l'une des rares occasions où l'on pouvait dire sans risque de se tromper que "Dakar ne dort pas". Et ce, non pas à cause du travail, mais des fêtes. Hier c'était la Korité. Quelques jours auparavant, c'était les fêtes d'année. Une semaine avant cela, c'était la 'Tamkharite'. Un mois avant celle -ci, on fêtait la 'Tabaski'. Avant elle, c'était la 'Korité' Bientôt ce sera le Magal de Touba et le Gamou.
On peut affirmer sans risque d'être démenti que nous sommes des maîtres dans la préparation des fêtes. On sait trop faire la fête. Savons -nous travailler pour autant? Si seulement c'était le cas.
Pourtant tous les évènements précités valent bel et bien la "joie" d'être fêtée. Mais valent - t- elles la peine que nous nous faisons de les préparer. L'argent, l'énergie, le temps qu' hommes et femmes dépensent pour ne pas dire gaspillent dans des occasions telles que la Tabaski ou le Magal est inestimable et surtout frustrant. Et nous, nous n'avons presque rien pour avoir quelque chose à gaspiller. Pourtant il semble qu'on peut se le permettre. Ici ce sont les élèves qui anticipent et prolongent leurs jours de congés, là bas ce sont des employés qui demandent des permissions pour prolonger la fête sans parler de ceux qui s'endettent pour satisfaire les besoins esthétiques de Madame ainsi que le sien.
Nous avons vraiment un problème. Notre problème est unique et il est psychologique. C'est que nous oublions très souvent que nous vivons dans un pays pauvre et très endetté. Pourtant tout nous le rappelle. Et ce à chaque instant. Il faut vraiment être sourd, aveugle et surtout insensible à l'extrême pour ne pas s'en douter. Peut être ceux qui doivent nous le rappeler ne le font pas. Ils préfèrent nous peindre un Sénégal émergeant. On a l'impression qu'ils nous confondent, nous authentiques sénégalais pour ne pas dire autochtones aux investisseurs étrangers et aux bailleurs de fonds.
Mais entre nous la vérité, elle est là, toute claire et limpide. C'est que avec tout ce folklore typiquement africain avec lequel nous entourons nos évènements, surtout religieux, nous passons à côté de l'essentiel. Et bien à coté!
Je crois que les gens ne savent pas que l'Aid el Kabir et l'Aid el fitr sont des Sounnah même si ce sont des Sounnah de premier rang, c'est à dire qu'ils sont presque des "Farata". D'ailleurs les prières que nous faisons durant ces évènements sont des prières surérogatoires, des na filas. Pourtant les mosquées sont remplies de gens qui ne respectent pas les 5 prières quotidiennes obligatoires! Des gens qui sont venus à la mosquée sans avoir fait la prière du. Pire, la grande partie des gens rentrent chez eux alors même que l'imam n'a pas fini son serment.
On passe encore à côté de l'essentiel! Je ne parlerais même pas du Magal Touba et du Gamou que nous sommes presque les seuls au monde à fêter.
Pour clore, rappelons cette essence pour qu'on ne l'oublie pas le jour de nos fêtes. Ce sont des occasions qu'on doit rendre à Dieu nous a donné. Qu'elles soient chrétiennes ou musulmanes, elles n'ont d'autre but que de célébrer la grandeur de Dieu. Le but ultime de ces fêtes c'est de cultiver chez le musulman et le chrétien le sentiment d'appartenir à une communauté: la Ummah Islamique. Ce sentiment de ne pas être seul, de savoir qu'on a avec soi des milliers de gens avec qui on partage les mêmes idéaux. Et qu'au delà de toutes nos différences et divergences, nous partageons une chose: Dieu. Le seul qui fait l'unanimité. Ne passons pas s'il vous plaît à coté de cela, parce que même si on a tout perdu, il va nous rester une seule chose: Dieu.

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